L’importance de la planification de mariage.

Le 10 février.
 

francoisIl y a bien des années (me pardonnerez-vous de ne pas les compter ?), l’ITHQ offrait un service de placement de personnel. C’est ainsi que  je me trouvai, par une chaude journée d’été, à servir dans un méchoui de 300 invités en région. Des agriculteurs, parents de sept ou huit enfants, mariaient leur première fille.
À cinq heures du matin, un voisin avait commencé à faire rôtir le cochon derrière la grange. C’était la canicule de juillet. Le sympathique vieux voisin, suant à grosses gouttes devant le feu, se soulageait en buvant une gorgée de gros gin aux cinq minutes. Aussi a-t-on perdu le rôtisseur vers la fin de l’avant-midi. Classique. (Je soupçonne d’ailleurs que c’est de là que provient l’expression « gin à cochon ».)
Or, cette journée était déjà difficile à gérer de par le peu de planification présente. Les autres serveurs et moi courions déjà partout pour régler mille et un détails imprévus et voilà qu’on perdait le boucher! Au coucher du soleil, la lumière plombait sur la tente. Nous cuisions littéralement, autant que le pauvre cochon sur la broche, abandonné quelques heures auparavant par son bourreau qui eût mieux fait d’allonger son DeKuyper d’un peu de tonic.
J’ai toujours eu la tête de l’emploi, faut croire… Ce jour-là, c’est à moi qu’on a demandé de dépecer le cochon. Cochon – je dois le préciser – gros comme une Toyota. La peau de quatre centimètres d’épaisseur. En canicule. En smoking. Trois cents personnes en file avec une assiette entre les mains. Moi.
Et le cochon.
Ce jour-là, j’ai perdu cinq livres, je suis devenu végétarien et j’ai compris pourquoi Dieu avait créé les planificateurs de mariage. Mais l’important, c’est que notre mariée était heureuse de sa journée.

Depuis l’épisode du cochon, j’estime à 320 le nombre de mariages auxquels j’ai participé, en tant que busboy, serveur, invité, traiteur et planificateur. Je n’ai pas cessé de faire face à des imprévus en événement, et on s’est toujours instinctivement tourné vers moi pour les gérer. Toutes les situations dignes des meilleures comédies burlesques, de la robe qui déchire en deux à la bagarre entre beaux-pères, je les ai vécues, et je vous les raconterai. De cette expérience, j’ai appris que la plupart des crises peuvent être évitées si la journée est bien planifiée. C’est pour cela – pour vous – que j’ai créé la chronique Pour le meilleur et pour le pire.

Voilà. Prenez et profitez-en tous : ceci est mon expérience livrée pour vous !

> 1 commentaire Laisser un commentaire
  1. Marie-Hélène Beaulac

    Très sympa comme texte. J’ai bien hâte de lire les autres qui suivront…