Une dégustation brassicole hivernale, le Winter Warmer.

Le 11 février.
 

mathieu

Texte par : Alexandre Péloquin

Le monde brassicole québécois s’agite à la façon d’une belle ale en fermentation. Il bouille depuis quelques années d’un dynamisme annonçant d’agréables dégustations. Toutefois, fidèles à l’image d’une boisson désaltérante, tous les festivals reliés à la bière ont pour circonstance la saison chaude. Pourtant, plusieurs brassins de microbrasseries du Québec ont la force, le corps et l’alcool pour réchauffer le plus frigorifiant des hivers.

La venue d’une nouvelle activité au début du mois de janvier allait donc faire sourire la communauté d’amateurs de malts. Il ne faudrait plus voyager pour fêter la bière en hiver ! En effet, plusieurs villes états-uniennes (Philadelphie, Asheville, Washington, Grand Rapids) ont leur festival brassicole en plus d’une tradition bien établie en Europe.
Ainsi avait lieu, les 7 et 8 janvier dernier, la première édition du Winter Warmer Montréal. À l’initiative du Broue Pub Brouhaha, avec la collaboration du Vice & Versa, 20 microbrasseries québécoises ont été réunies au Théâtre Plaza. Les types de bières en présence cadraient bien avec les rigueurs hivernales : Barley wine, double IPA, triple, Imperial stout, bière de Noël et autres breuvages à hauts degrés d’alcool.

Les brasseurs québécois ont utilisé de larges quantités de malts pour créer leurs élixirs réchauffants. En effet, pour faire une bière, il faut transformer l’amidon du malt en sucres fermentescibles. Ces derniers seront métabolisés par les levures pour créer de l’alcool. Ainsi, si on utilise peu de malt, on obtiendra une bière faiblement alcoolisée. À l’inverse, vous l’aurez compris, beaucoup de malt rime avec beaucoup d’alcool. Le procédé est plus complexe, mais le cours de brassage sera le sujet d’un prochain billet…

L’utilisation massive de malt résulte également en des bières de caractère possédant des saveurs complexes. Bref, les bières étaient très bonnes, certaines vieillies en fût de chêne, d’autres agrémentées d’épices ou d’ingrédients inusités. De plus, pour équilibrer l’aspect sucré des bières fortement alcoolisées, de beaux houblons ont été infusés apportant des arômes floraux, résineux et d’autres rappelant les agrumes.

Pour s’harmoniser avec la bière, le chef Hubert Provencher avait concocté un menu de bouchées revisitant les accompagnements classiques. Ainsi, ailes de canard fumées, côtes levées laquées à l’érable, fromages

québécois et moules à la bière, pour en nommer quelques-unes, ont su repaître les buveurs.

Le Théâtre Plaza s’est avéré de taille idéale pour l’événement; il n’a jamais été trop bondé, faisant place à une atmosphère de découvertes festive. S’il y a une chose qui irrite le buveur, c’est bien l’attente dans d’interminables files. Il n’y en avait pas, le service était rapide et de surcroît, connaisseur. L’ambiance musicale était assurée par le bluesman montréalais Dan Livingstone qui, avec ses musiciens aux curieux instruments, a rythmé l’événement.

Bref, cette première édition du Winter Warmer Montréal s’est assurée de retenir l’attention des amateurs de bières. Ces derniers seront impatients d’affronter les pires rigueurs hivernales afin de déguster le savoir-faire brassicole québécois l’année prochaine.

Texte par : Alexandre Péloquin

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